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L'hebdo des marchés : semaine du 9 mai 2022

Une manucure maladroite, un couteau trop affûté, un panaris mal soigné ou une écharde malveillante… On ne connaîtra jamais les détails de ce petit drame domestique qui a conduit un gros doigt (“fat finger”) tuméfié à saisir sur un ordre de Bourse plus de zéros que de raison. Et, sous l’effet amplificateur d’une transhumance algorithmique, a donné lieu à un « flash krach » sur les marchés européens, lundi dernier. L’incident en dit long sur l’état de délabrement psychologique des intervenants. Comme si, à chaque phase neurasthénique, ces derniers se sentaient obligés d’ajouter un doigt de stress supplémentaire, une pincée de fin du monde à la dramaturgie de marché. Comme une fausse alerte à la bombe, l'événement pourrait relever de la farce s’il n’intervenait pas au moment où les banques centrales remballent leur attirail monétaire accommodant. Bien conscient de la névrose ambiante, le président de la Fed est d’ailleurs entré, mercredi, au Panthéon de la communication financière en faisant passer crème une hausse de taux de 50 pb (sans précédent depuis plus de vingt ans)…